Archives de Catégorie: Article sur la cressiculture

La culture du cresson en Essonne : valorisation d’un produit, reconnaissance d’un terroir ?

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ETHNOBOTANIQUE

Article de Laurène Matern Camille Millot Vincent Moriniaux Martine Tabeaud paru dans « Food Geography », 2012, Terroirs et appellations d’origine en France et dans le monde, pp.6-15.

La culture traditionnelle du cresson en Essonne, et en France de manière générale, connaît depuis les années 1960 une crise qui la met en difficulté et risque, à terme, de la faire disparaître. Pourtant fréquemment consommé pendant la première moitié du XX e siècle, ce produit est aujourd’hui oublié des consommateurs et ne trouve plus sa place dans les pratiques alimentaires actuelles. De plus, les cressonnières sont aujourd’hui mises en danger par une périurbanisation croissante et des normes sanitaires mal adaptées. Or, elles constituent un patrimoine à la fois culturel et paysager. Ces atouts peuvent permettre au cresson essonnien d’être reconnu en tant que produit de terroir typique et, à terme, d’être protégé et valorisé à l’échelle nationale.

Article intégralement accessible en version PDF

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EMINENCE VERTE

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Le Magazine « CHEMINS DE TABLE » de novembre 2014 a dédié un article sur la culture du cresson de fontaine, à la Cressonnière Sainte Anne, page 8 à 21portrait  Mikaël-2

voir cet article : http://fr.calameo.com/read/002595069b90f2785f9c1?authid=8odDNa4d2o2C

 

Campagne d’affichage Octobre 2013 et Février 2014

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L’association syndicale libre de la cressiculture essonnienne a réalisée des campagnes d’affiche pour communiquer sur le cresson de fontaine.

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Ces projets ont été aidés et soutenus par le Conseil Général de l’Essonne et par le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français. Ce dernier est animateur du programme Leader issu du fonds européen pour l’agriculture et le développement rural.

Une campagne d’affichage dans les gares RER du département Essonne a eu lieu en Octobre 2013. Et une campagne d’affichage visible dans les abris de bus du département Essonne, a été réalisée en Février 2014.

Vous pouvez retrouvez les infos sur le site internet créé pour cette communication :  http://cressondefontaine91.com/

Les cressiculteurs ont voulu faire découvrir le cresson de fontaine plus particulièrement aux jeunes consommateurs, qui connaissent peu ce produit pourtant simple à préparer.

Voici les 3 affiches de la campagne d’octobre, seul l’homme fort a été retenu pour février.

homme 1 2 enfant femme

MIKAËL ET CHRISTIAN : AGRICULTEURS D’EAU DOUCE

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Écrit le 26/09/2013 par 

S’il existait une liste rouge des professions agricoles en danger, la cressiculture y figurerait en bonne place. Les producteurs de cresson ne sont plus qu’une centaine en France, dont un tiers se trouve concentré au Sud de l’Ile-de-France. A Vayres-sur-Essonne, Christian et Mikaël, père et fils cultivent le cresson sur une soixantaine d’ares. Face au vent de la mondialisation, ces agriculteurs d’eau douce tiennent le cap.

 

Christian à gauche, Mikaël à droite. Père et fils, cressiculteurs à Vayres-sur-Essonne, où le cresson pousse depuis 1856.

Christian à gauche, Mikaël à droite. Père et fils, cressiculteurs à Vayres-sur-Essonne, où le cresson pousse depuis 1856.

Christian vient de chausser ses raquettes de neige et patauge dans l’un des fossés à cresson. En apesanteur dans 10 centimètres d’eau, dos courbé, couteau aiguisé à la main, il cueille un bouquet vert bouteille, l’attache avec un lien et le repose dans l’eau. Sans relever la tête, il recommence. Un bouquet, puis le suivant. Encore et encore, les pieds au frais, l’esprit ailleurs. « C’est un travail très solitaire,explique le quinquagénaire. Quand je bosse, je m’invente des histoires. Je voyage. »

La tenue du cressiculteur : des bottes, des raquettes pour marcher sur l'eau, un grand tablier et un couteau.

La tenue du cressiculteur : des bottes, des raquettes pour marcher sur l’eau, un grand tablier et un couteau.

L’histoire de la cressiculture, elle, remonte à la source Sainte-Anne,une eau puisée à 3 mètres sous le sol, filtrée par les sables de Fontainebleau. Légèrement en hauteur de l’exploitation, elle alimente la quarantaine de fossés, planches de culture aquatiques pour cressiculteurs. L’eau de source très pure et régulièrement analysée y circule en permanence jusqu’à se jeter dans la rivière encore un peu plus propre qu’avant, épurée par les plantes. « Les cressonnières sont de véritables biotopes, explique Mikaël, technicien environnement revenu à plein temps sur l’exploitation il y a 5 ans. On y trouve des phryganes, des larves de libellules, des gamarres et pleins d’autres bestioles aquatiques. » Tout un monde silencieux qui ne semble perturber le cycle du cresson.

Chaque fossé est alimenté par l'eau de source en mouvement qui termine sa course dans la rivière?

Chaque fossé est alimenté par l’eau de source en mouvement qui termine sa course dans la rivière.

Le cycle en tant que tel commence au mois de juillet lorsque les deux hommes sèment leurs propres graines, celles qu’ils ont collectées sur leurs meilleures plantes les années précédentes. Les semences sont minuscules, de la taille d’un grain de pavot. Aussi, pour ensemencer un fossé humide de 100 mètres carrés, il faut seulement 20 cl de graines, soit une canette de bière remplie aux 2/3. La technique n’a pas changé depuis le XIXe siècle. On sème le cresson comme la semeuse des anciennes pièces de 5 francs. A la volée. Ensuite, on ajoute chaque semaine un peu plus d’eau pour que la plante puisse pousser sans jamais se noyer.

Petit cresson deviendra grand en 8 semaines. On le récoltera ensuite 6 à 7 fois dans l'année.

Petit cresson deviendra grand en 8 semaines. On le récoltera ensuite 6 à 7 fois dans l’année.

Mais ce n’est pas tout, il faut aussi la nourrir. « On a choisi la culture raisonnée pas biologique précise Mikaël, c‘est-à-dire qu’on leur donne un peu d’engrais Superphosphate. En bio, les rendements sont encore moins importants. On ne pourrait pas faire face.» Quand on voit le boulot que les deux hommes ont à abattre, on a du mal à leur en vouloir. Il faut éclaircir les rangées, repiquer, ratisser pour mettre tous les plants dans le même sens, cueillir 6 à 7 fois dans l’année le même plant, couvrir les fossés les soirs des premiers frimas. Tout ça pour… 1 euro en moyenne la botte vendue à Rungis.

La récolte du cresson se fait à la main, les pieds dans l'eau. On forme de jolis bouquets bien denses.

La récolte du cresson se fait à la main, les pieds dans l’eau. On forme de jolis bouquets bien denses.

« Si j’ai décidé de revenir sur l’exploitation explique Mikaël, c’est pour sauvegarder ce patrimoine. Il y a 100 ans, il y avait des cressicultures partout dans le coin. A chaque fois qu’un ancien part, c’est un bout de notre histoire qui file avec. » Le trentenaire s’est tourné vers Rungis (90% du chiffre d’affaires) et la vente directe, via les Ruches notamment et tente aujourd’hui de donner un coup de jeune à la plante que beaucoup encore ne réservent qu’à la soupe.« Le cresson est un super alimenthyper riche en anti-oxydants, en minéraux, en vitamines. On peut le manger cru, cuit, en terrine, en émulsion. Le grands chefs comme Alain Passart en sont fans.» Récemment, l’Association syndicale libre de la cressiculture essonnienne a lancé une campagne 4 par 3 sur le cresson pour donner un coup de pouce aux producteurs. Mais pour Mikaël, sa meilleure pub, c’est encore son père qui en mange régulièrement depuis plus de trente ans. On lui en donne 15 de moins.

Le cresson, c'est bon pour : les yeux, le foie, le sang, les os, les cheveux et les ongles... Pour tout quoi !

Le cresson, c’est bon pour : les yeux, le foie, le sang, les os, les cheveux et les ongles… Pour tout quoi !

Quelques idées recettes ? C’est ici.